mercredi 31 octobre 2007

Préambule de bienvenue

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En amateur, je m’attache à retranscrire et à partager avec les visiteurs de ce blog les faits, l’actualité analysée et commentée selon un angle de vue personnel, et les histoires ayant l’Afrique du Nord en toile de fond : tranches de vie, personnages réels ou fictifs, événements historiques avérés ou revisités, anecdotes… Au fil des récits(1), les visages, les voix, les accents, le climat, le paysage, les saveurs, les sensations… s’avèrent être des acteurs à part entière, pourvus d’un rôle influant sur le destin des Hommes. Outre l’impératif lié à l’information se renouvelant sans discontinuité, cet espace sera d’abord le reflet d’une inspiration tributaire de l’état d’esprit du moment. Des rubriques viendront peu à peu enrichir le contenu du blog pour permettre une navigation fructueuse.

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Posons le décor : l’épine dorsale du blog

Le cadre que je m’emploie de conter m’a d’abord surpris.

Dans ce cadre, on perçoit un véritable décor lunaire. Un paysage formé de vallons à perte de vue, de collines qui rivalisent entre elles pour planter leurs dorsales dans le ciel. Ici, les chaumes jaunis par un soleil sempiternel couvent la perspective, et les figueraies de barbarie étreignent les îlots d’habitations. Seuls les monts du Rif délimitent, au loin, les étendues quasi désertiques, d’apparence inhospitalière. Muraille naturelle infranchissable, les massifs enclavent les populations disséminées parmi les gorges et plaines.

Le tour des mondes

Selon les érudits locaux, un reste du monde doit pourtant bien exister, là-bas, derrière ces hauteurs qui ceinturent les villages. « Assurément ! diraient les pèlerins voyageurs. Mais plutôt de l’autre côté de la Méditerranée. Là où vont et viennent les remous impurs avant de se réfugier sur nos plages. »

Les superstitieux, eux, parlent de microcosmes sans nombre qui évolueraient à mille lieues sous nos pieds. Ces humanités s’étageraient sur différents niveaux de la couche terrestre, dans l’ignorance totale les unes des autres.

Les gardiens de la mémoire collective, enfin, plus terre-à-terre, affirment que des civilisations se trouvent au dessus de nos têtes. Dans le bleu vide. Plus haut que les nuages. Là où se terre Anzar, dieu de la pluie. Celui-là même qui, en représailles, quelques millénaires auparavant, envoya la sécheresse aux Hommes refusant de lui faire offrande de leurs filles.

La sagesse populaire enseigne que, dans les airs ou les sous-sols, les sociétés peuvent s’apparenter, se jouxter ou se superposer sans pour autant se rencontrer.

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Au cœur d’un monde…

…Comment oublier les odeurs matinales des galettes de pain, qui exhalent des maisons au style mésopotamien, et se répandent à travers le village, pour venir piquer les narines et réconforter les mômes affamés, embusqués dans la cacteraie ?

Une jarre sur le dos, les jeunes puiseuses explorent, pieds nus, les lits de rivières asséchées. Malgré le regard indifférent du névé, leurs yeux pétillent d’espoir à l’idée de trouver une source féconde pour ravitailler leurs familles en eau douce.

Le Figuier de Barbarie ne nécessite pas d’eau. Pas d’engrais non plus, ni d’entretien. Gel, canicule, vents… nul élément ne tient sa prolifération en échec. Néanmoins, le Figuier de Barbarie se mouille pour qu’il fasse beau.

Au travers de ce blog, l'occasion sera de dépeindre les visages ridés par la vie du plein air et la sévérité du climat, mais aussi par le doute, le dénuement qui n’altèrent cependant ni la joie de vivre, ni la générosité des habitants.

L’occasion sera aussi de s’associer à tous ceux qui, pour des raisons diverses, pensent et parlent de ces femmes et fillettes ne s’exprimant que par le chant ou les larmes. De lettres d’autrui et de mots empruntés, seront noircies les feuilles aussi blanches que les nuits des pères et frères affrontant indifféremment le Chergui comme la canicule. De manière impartiale, seront relatées les ambiances chaleureuses de fêtes et d’insouciance, celles de la peur et de la maladie, celles des rites et des croyances ; sans taire les injustices, les privations, l’intolérance et la domination des pouvoirs successifs.

Voilà donc un peu l’esprit de ce blog : montrer les multiples facettes de cet univers dans lequel j’invite le lecteur. Un univers familier, parfois commun, et si mystérieux à la fois.

Bonne lecture et bon surf.

Jim Selouane

(1) Les textes contenus dans ce blog sont des œuvres personnelles protégées par un copyright, lois régissant les droits d’auteur. Ces textes peuvent néanmoins être diffusés avec l’autorisation de l’auteur et à la condition d’en citer la source (auteur + l’adresse du blog).

Posté par Jim Selouane à 15:14 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Préambule de bienvenue

    2007, la germination et quelques figues précoces…2008 sera-t-elle l’année du développement et de la multiplication ??

    Posté par tifirest-nighzar, mercredi 2 janvier 2008 à 23:42 | | Répondre
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